///// Nos recettes

Vous trouverez ici quelques idées proposées par Gérard M. pour accommoder les produits de la Grange Mélot. Merci à lui!

 » Ces idées de cuisine des légumes frais restent volontairement les moins onéreuses possibles, simples, à la portée de celles et ceux qui, le soir, doivent préparer le repas de leurs proches sans y passer des heures, ni dépenser une fortune. On peut toujours en effet ajouter de la truffe à un potage, du foie gras à une farce ou faire un montage de tranches de radis alternant les truffes et le foie gras saupoudré de caviar… Mais bon : ce n’est pas le sujet. Pour toute critique, demande de renseignements et d’autres idées, ou de simples précisions : gerard.millot34@yahoo.com « 

Ah ! L’ail nouveau…

L’ail frais (glucides, huile essentielle, sélénium…) est un délice. Enfin ! Que celles et ceux qui redoutent sa toxicité se rassurent : ils devraient en ingurgiter quelques tonnes pour en ressentir les effets. Les aficionados le consommeront cru, sur du pain, accompagné d’huile d’olive et de fleur de sel, dès qu’il leur est livré. Et si votre amoureuse, si votre amant refusent vos baisers parfumés, ne vous acharnez point et vérifiez vos accords sur les fondamentaux avant de vous lancer dans une aventure conjugale. Mais ne renoncez jamais à l’ail nouveau : la vie est trop courte.

L’ail nouveau parfume à merveille un simple fromage frais égoutté et raisonnablement battu, arrosé du jus d’un citron, éventuellement parsemé de sumac, qui accompagnera par exemple les carottes au cumin.

La sauce pour les pâtes : Celles et ceux qui n’apprécient l’ail qu’édulcoré le plongeront dans une eau bouillante quelques secondes, avant de le passer au blender accompagné d’une grosse poignée de feuilles crues d’épinards, d’un peu d’huile d’olive, de sel et de poivre. Ajouter à la fin ce qu’il faut de mie de pain séchée pour épaissir et donner du corps à la sauce que l’on va juste chauffer avant de la jeter sur des pâtes fraiches cuites al dente.

Le chou pak choï!

Bon appétit ! Avant de manger des légumes, et même si ceux de votre panier n’ont subi aucun traitement dangereux, vous devez les laver. Sauf, évidemment, si vous les épluchez…

Le pak choï, 小白菜 en cantonnais (vous êtes bien avancés, hein ?), qui a une allure de petite blette, est, en fait, une sorte de chou, originaire d’Asie. Devenu plus familier depuis l’irruption de la cuisine dite asiatique, qui se résume hélas souvent à l’ajout de sauce soja dans un plat de riz trop cuit, il est désormais cultivé à la Grange Melot par Isabelle Cerisier.

Vous vous trouvez donc devant votre pied de pak choï comme une caissière de supermarché en grève devant un énarque qui veut, comme on dit, malgré tout faire encaisser une bouteille de Malibu, et vous vous demandez, comme la caissière, ce que vous allez bien pouvoir en faire.

Procédez pour le légume comme s’il vous agaçait : à l’aide d’un couteau de bonne taille, détachez le bas, (les côtes blanches), du haut, (les feuilles vertes).Tchac ! Tronçonnez les côtes en morceaux de la taille d’un doigt, et jetez-les dans une sauteuse où vous aurez fait préalablement suer des dés de carotte, de l’oignon ciselé, du lard salé (pour les non végétariens;-). Laissez cuire à découvert le temps d’écouter Un soir de pluie, de Blues Trottoir. Ajoutez les feuilles déchirées, et un verre de vin blanc sec. Vérifiez la tendreté (la tendresse est réservée à Clémence Lhomme, la chanteuse) des côtes à la pointe du couteau. Servez après avoir ajouté quelques feuilles de marjolaine fraiche, des olives noires, du poivre et de l’ail écrasé. Calmez-vous sur le sel, à cause du lard, comme disait ma grand-mère qui était une sainte femme. Le nom de la préparation s’appelle barigoule, et s’emploie d’abord pour les artichauts poivrades.

Bien. A partir du moment où il y a des feuilles, on peut les enrouler autour de quelque-chose : du papier autour du tabac, on obtient une délicieuse cigarette. Du latex autour d’une carotte donne un préservatif parfaitement inutile. Du papier autour d’un mélange de verveine et de tilleul, permet de faire circuler un drôle de truc que votre belle-mère vous a probablement proposé après l’avoir piqué à son petit-fils, en rigolant curieusement et en vous balançant de grands coups de coudes, pendant un réveillon de Noël… Des feuilles de vigne autour d’un mélange de riz et d’épices… Nous allons donc farcir des feuilles de pak choï. Taratata !

Imaginez que vous êtes le scout Rat Ahuri -se placer dans des situations inhabituelles rend les taches culinaires étonnamment moins banales. A l’aide d’une machette fabriquée dans une roue de vélo sans pneu, dont les rayons remplaceront honorablement les baguettes, faites couper délicatement les côtes du pak choï. Dès qu’il en aura terminé, demandez à Vieux Loup Malvoyant de préparer un mélange très fin d’ail, d’échalotes et de gingembre. Pendant ce temps-là, vous aurez la paix. Détaillez un morceau d’échine de cochon un peu gras en petits bâtonnets que vous faites braiser, pendant que la charmante Lapine Dodue fait cuire les morceaux de côtes avec des graines d’épeautre dans un bouillon aromatique, après avoir haché persil et coriandre. Ebouillantez rapidement les feuilles du pak choï, que vous étendrez ensuite sur un tronc d’arbre transformé la nuit précédente en plan de travail par Vieux Loup Malvoyant. Mélangez, dans un vieux casque allemand datant de la deuxième guerre mondiale trouvé dans une fondrière, que Vieux Loup Malvoyant aura évidemment débarrassé à l’aube naissante de son contenu incertain, l’ensemble des ingrédients de la farce à laquelle vous ajouterez un œuf de la Grange Melot qui ne se trouve qu’à 8 kilomètres à vol de buse. Façonnez des rouleaux que vous emballez délicatement dans les feuilles de pak choï. Verser un peu d’huile dans une vieille lessiveuse propre, alignez les petits paquets, couvrez de bouillon de poule, ajoutez quelques cuillerées de sauce de poisson.

Pendant que Vieux Loup Malvoyant surveille la cuisson à petit feu, vous prendrez le temps d’aller vous baigner au ruisseau, puis de faire visiter votre tente à Lapine Dodue qui appréciera le confort ainsi que l’originalité de la décoration, la délicatesse de vos mains et l’audace de vos projets.

Dégustez avec un verre, ou deux, de vin rosé de bonne qualité qui rapproche les êtres, favorise la sieste à l’ombre et les rêves plaisants.

La vie est belle…